C’est quoi l’idée ?
Celui qui lit, aura vécu 5000 ans ; la lecture est une immortalité en sens inverse ; la littérature et la vie c’est pareil. Le métier de planneur stratégique en agence de publicité consiste à connaître les gens ; à vivre d’autres vies que la sienne.
Je suis payé pour vendre des idées, souvent celles des autres, la forme étant le fond qui remonte à la surface elles doivent être bien troussées et présentées non pas comme une découverte mais comme la redécouverte de celles d’illustres individus avant nous.
Rien n’est de moi dans les lignes précédentes, lire sert à ça, à copier et à coller.
Avant, il faut collecter et c’est ce que je fais, chaque lundi à 13h45 dans cette newsletter ; pour mieux les retrouver au besoin.
Père ManQ, raconte-nous une histoire.
Un prix Pulitzer que j’ai trouvé assez bof.
(Je viens à l’instant de voir qu’il était 50e sur la liste des 100 meilleurs livres du 21e siècle du NYT.
Mon dernier film préféré c’est The Beekeeper avec Statham, direct to prime video, pour les goûts, j’ai les bons)
Une tentative de déconstruction du mythe du rêve américain sous la forme d’un livre gigogne.
L’histoire de l’américain le plus prospère du début du XXe et de sa femme - disparue mystérieusement - d’abord contée par un romancier sulfureux en pleine crise de 29 ; la réponse réhabilitatrice du principal intéressé sous la forme d’une biographie ; l’histoire de la ghostwriteuse qui l’aide dans sa démarche et une conclusion sous la forme du journal retrouvée de sa femme.
L’ambition est de révéler tout le bullshit qui entoure la fiction du self made man mais l’exécution est un peu molle.
Notre métier est aussi de jouer avec les fictions, les “narratifs” comme disent les jeunes planners seniors de 25 ans.
Un vieux sage a un jour confié à un petit scarabée un grand secret : il n’existe que 10 stratégies dans la publicité. 10 fictions (ou narratifs) possibles pour vendre un produit.
L’une d’entre elles est appelée “l’altruiste égoïste” : isoler sa maison c’est plus de confort pour vous ET EN MÊME TEMPS une baisse de la dépense énergétique pour tous, pour la planète.
Je prends cet exemple spécifiquement parce qu’il est partagé à la fois par le mythe de la publicité et de la prospérité.
Puisqu’il s’agit de debullshiter le bullshit, je vous laisse avec un devoir de vacances à visionner : The All Time Top 10 Bits of Marketing bullshit de Mark Ritson.
C’est l’avant dernière édition de l’été.
Bises
Idées remarquables et phrases choisies
Seul un employé était capable de dépenser de la sorte l’argent que quelqu’un d’autre lui donnait : en quête de soulagement et de liberté.
Il n’était pas rare, pour les Américains à l’étranger, de s’éviter mutuellement. Non seulement parce que, en vertu d’un protocole tacite, c’était l’attitude convenable à adopter, mais aussi parce que personne ne voulait être perçu comme n’ayant pas d’amis en Europe et dépendant, tels des provinciaux, de compatriotes.
Elle s’intéressait tout particulièrement aux auteurs vivants, bien qu’elle refusât initialement de les rencontrer, sachant que seule la déception pouvait combler la distance entre l’œuvre et la personne.
Elle n’arrêtait pas de parler parce qu’elle n’arrivait pas à expliquer sa maladie – et le désir qu’elle avait de comprendre sa maladie était, dans une large mesure, la maladie proprement dite.
Cette expérience lui avait enseigné deux leçons qui lui tenaient à cœur. La première était que les conditions idéales pour faire des affaires ne tombaient jamais du ciel. Il fallait les créer. Si l’embargo avait, dans un premier temps, brisé ses rêves, William avait trouvé un moyen de retourner la situation à son avantage. Et sa seconde et principale découverte était que l’intérêt personnel, à condition qu’il soit proprement dirigé, n’est pas nécessairement incompatible avec le bien commun, ainsi que le montraient éloquemment toutes les transactions qu’il avait conduites sa vie durant. Ce sont là deux principes (nous créons nos propres circonstances, et le gain personnel devrait être un bien public) que je me suis toujours efforcé de suivre.
Il possédait toutes les qualités communément associées aux hommes supérieurement intelligents. Il était distrait, renfermé et focalisé sur son travail au détriment des tâches quotidiennes les plus basiques, pour lesquelles il faisait preuve d’une inaptitude charmante.
Aucun investissement n’engendre de dividendes plus élevés que l’éducation.
Toute vie est organisée autour d’un petit nombre d’événements qui soit nous propulsent soit finissent par nous entraver. Nous passons les années entre ces épisodes à bénéficier ou à souffrir de leurs conséquences jusqu’à l’arrivée du moment déterminant suivant. La valeur d’un homme est établie par le nombre de ces situations décisives qu’il est capable de se créer pour lui-même. Il n’est pas toujours nécessaire que ce soit un succès, car échouer peut être un grand honneur. Mais il se doit d’être l’acteur principal dans les scènes significatives de son existence, qu’elles soient épiques ou tragiques. Quoi que le passé nous ait apporté, il appartient à chacun de nous de tailler au burin son présent dans le bloc informe du futur.
Le président Coolidge n’aurait pu mieux le dire : « La grande affaire de l’Amérique, ce sont les affaires. »
Quand nous nous réveillons le matin nous échangeons du repos contre du profit. Quand nous allons nous coucher le soir nous renonçons à du temps potentiellement profitable pour reprendre des forces.
– La fiction, inoffensive ? Regarde la religion. La fiction, inoffensive ? Regarde les masses opprimées qui s’accommodent de leur sort parce qu’elles acceptent les mensonges qu’on leur fait avaler. L’histoire elle-même n’est qu’une fiction – une fiction avec une armée. Et la réalité ? La réalité est une fiction avec un budget illimité. Voilà ce que c’est. Et avec quoi la réalité est-elle financée ? Avec une fiction de plus : l’argent.
plus on est près d’une source de pouvoir, plus l’ambiance devient calme. L’autorité et l’argent s’entourent de silence, et on peut mesurer l’influence de quelqu’un à l’épaisseur du silence qui l’enveloppe.
« Court est le bras de l’égoïste », disait-il souvent. Ou : « Le profit et le bien commun sont les deux facettes d’une même pièce. » Ou : « Notre prospérité est la preuve de notre vertu. »
Une fois, à l’époque où je travaillais à la boulangerie, j’avais surpris une conversation amusante entre deux clients résignés. « Il existe un monde meilleur, avait dit un homme. Mais c’est plus cher. »
Rien n’est plus fatigant qu’un convive timide.
« La prospérité d’une nation n’est fondée que sur une multitude d’égoïsmes qui s’alignent jusqu’à ressembler à ce que l’on appelle le bien commun. Que suffisamment d’individualistes convergent et agissent à l’unisson, et le résultat ressemble beaucoup à une volonté collective ou une cause commune.
Plus tard, au fil des ans, à la fois au travail et dans ma vie personnelle, d’innombrables hommes m’ont répété mes idées comme s’il s’agissait des leurs – comme si je n’allais pas me rappeler avoir eu ces pensées la première.
Quand tu offres un couteau à quelqu’un, tu coupes les liens avec lui.
Kitsch. Ne trouve pas de trad. angl. pour ce mot. Une copie tellement fière d’être si proche de l’original qu’elle croit qu’il existe davantage de valeur dans cette proximité que dans l’original proprement dit. « Ça ressemble exactement à… ! » Imposture de la sensation au détriment de l’émotion véritable ; de la sentimentalité au détriment du sentiment. Le kitsch peut aussi être visuel : « Le coucher de soleil ressemble à un tableau ! » Parce que l’artifice est désormais l’ultime critère, l’original (le coucher de soleil) doit être transformé en faux (le tableau), de manière que celui-ci puisse fournir la mesure de la beauté de celui-là. Le kitsch est toujours une forme de platonisme inversé, valorisant l’imitation plutôt que l’archétype. Et dans tous les cas, il est lié à une inflation de la valeur esthétique, comme on le constate dans la pire espèce de kitsch : le kitsch « chic ». Solennel, décoratif, grandiloquent. Annonçant de manière ostentatoire, arrogante, son divorce d’avec l’authenticité.
Je sais que mes jours sont comptés, mais chaque jour ne compte pas vraiment.
Dieu est la réponse la plus inintéressante aux questions les plus intéressantes.
« L’orchestre jouait le genre de musique dont on sait toujours quelle va être la prochaine note, une musique qu’on peut écouter à l’avance. »
