Kessel

Planneur Romantique #13

La possibilité d'un PPT : Sous le soleil de Satan - Georges Bernanos

La possibilité d'un PPT
2 min ⋅ 16/01/2024

“Moquez-vous de la publicité si vous voulez, mais sachez qu'avant de devenir un truc que vous honnissez, un mec comme moi a glissé dans un PPT une phrase de l'un de vos auteurs préférés.”

13e newsletter de “la possibilité de la possibilité d’un PPT “ou de “planneur romantique”.
Je n’ai pas encore décidé.

Le temps passe vite, encore plus vite quand on saute des jours.
L’édition 12 était en réalité la 11e, erreur d’inattention grossière, comme le sont mes fautes ; c’est vulgaire de se relire, presque vaniteux, se regarder écrire un peu, non?

Donc la 12e était la 11e, pis, arrivé à la 13e newsletter je n’ai toujours pas acté d’un jour d’envoi récurrent, pouvant créer entre vous et moi l’illusion d’un “rendez-vous”.
Quelque chose de rassurant parce récurrent “si cette newsletter arrive chaque vendredi alors elle reviendra tous les vendredi” vous dites-vous, phénomène que l’on appelle la connaissance inductive : tirer des règles générales à partir d’exemples spécifiques. Un truc complètement con et démonté en 1912 par Bertrand Russel à travers cette chouette parabole.

Un poulet très doué en logique arrive dans une ferme, où il est nourri le premier matin dès 9 heures. Toutefois, en bon inductiviste, ce poulet ne s’empresse pas d’en conclure quoi que ce soit. L’induction suppose en effet de rassembler plusieurs exemples pour en tirer une leçon générale. Le poulet attend donc d’être nourri plusieurs fois pour s’assurer que tous les matins à 9 heures, un sac de graines sera bien versé dans sa mangeoire. Plus le temps passe et plus il gagne en confiance, s’attendant toujours un peu plus à ce qu’on le nourrisse à heure fixe. Mais un beau matin, pas de collation… Et pour cause ! Quelques heures plus tard, l’animal se retrouve cuisiné par le fermier, qui s’était pourtant montré si ponctuel et attentif pendant toutes ces journées.”

Je me rends compte que mes intro sont de plus en plus longues et ma grande crainte est d’être perçu de vous comme le type qui chaque dimanche, jusqu’à hier si j’ai bien compris, faisait des éditoriaux lunaires, complètement à rebours des enjeux de l’époque dans l’édition dominicale de CB News.

Allez, cette semaine c’est “Sous le soleil de Satan” que je m’en vais joyeusement piller, rien que pour vos PPT.

 

Pour beaucoup de niais vaniteux que la vie déçoit, la famille reste une institution nécessaire, puisqu'elle met à leur disposition, et comme à portée de la main, un petit nombre d'êtres faibles, que le plus lâche peut effrayer. Car l'impuissance aime refléter son néant dans la souffrance d'autrui.

  • De tous les embarras de l'âge, l'expérience n'est pas le moindre, et je voudrais que la prudence dont vous parlez n'eût jamais grandi aux dépens de la fermeté. Sans doute, il n'y a pas de terme aux raisonnements et aux hypothèses, mais vivre, d'abord, c'est choisir. Avouez-le, mon ami: les vieilles gens craignent moins l'erreur que le risque.

  • De tous les embarras de l'âge, l'expérience n'est pas le moindre, et je voudrais que la prudence dont vous parlez n'eût jamais grandi aux dépens de la fermeté. Sans doute, il n'y a pas de terme aux raisonnements et aux hypothèses, mais vivre, d'abord, c'est choisir. Avouez-le, mon ami: les vieilles gens craignent moins l'erreur que le risque.

    Nous sommes mauvais juges en notre propre cause, et nous entretenons souvent l'illusion de certaines fautes, pour mieux nous dérober la vue de ce qui en nous est tout à fait pourri et doit être rejeté à peine de mort.

  • Nous sommes mauvais juges en notre propre cause, et nous entretenons souvent l'illusion de certaines fautes, pour mieux nous dérober la vue de ce qui en nous est tout à fait pourri et doit être rejeté à peine de mort.

Et il sait aussi ce qu'est l'homme : un grand enfant plein de vices et d'ennui.

Qu'apprendrait-il de nouveau, ce vieux prêtre? Ila vécu mille vies, toutes pareilles. Il ne s'étonnera plus; il peut mourir. Il y a des morales toutes neuves, mais on ne renouvellera pas le péché.

Fini la lutte vaine et la monotone victoire ! Quarante ans de travail et de petit profit, quarante ans d'un débat fastidieux, quarante ans dans l'étable, à plat sur la bête humaine, au niveau de son cœur pourri, quarante ans gravis, surmontés !... Hâte-toi !... Voilà ton premier pas, ton unique pas hors du monde !...»

« Les plus doux rêveurs, pense-t-il, ont sans doute besoin de ces secousses un peu vives qui raniment dans leur cerveau les images défaillantes. Ce que d'autres demandent à la morphine ou à l'opium, celui-ci l'obtient des morsures d'une lanière sur son dos et ses flancs. »

Sa déception fut si forte, son mépris si prompt et si décisif qu'en vérité les événements qui vont suivre étaient déjà comme écrits en elle. Hasard, dit-on. Mais le hasard nous ressemble.

Sa déception fut si forte, son mépris si prompt et si décisif qu'en vérité les événements qui vont suivre étaient déjà comme écrits en elle. Hasard, dit-on. Mais le hasard nous ressemble.

La langue humaine ne peut être contrainte assez pour exprimer en termes abstraits la certitude d'une présence réelle, car toutes nos certitudes sont déduites, et l'expérience n'est pour la plupart des hommes, au soir d'une longue vie, que le terme d'un long voyage autour de leur propre néant.

La possibilité d'un PPT

Par Emmanuel Quéré