C’est quoi l’idée ?
Celui qui lit, aura vécu 5000 ans ; la lecture est une immortalité en sens inverse ; la littérature et la vie c’est pareil. Le métier de planneur stratégique en agence de publicité consiste à connaître les gens ; à vivre d’autres vies que la sienne.
Je suis payé pour vendre des idées, souvent celles des autres, la forme étant le fond qui remonte à la surface elles doivent être bien troussées et présentées non pas comme une découverte mais comme la redécouverte de celles d’illustres individus avant nous.
Rien n’est de moi dans les lignes précédentes, lire sert à ça, à copier et à coller.
Avant, il faut collecter et c’est ce que je fais, chaque lundi à 13h45 dans cette newsletter ; pour mieux les retrouver au besoin.
Moquez-vous de la publicité si vous voulez, mais sachez qu'avant de devenir un truc que vous honnissez, un mec comme moi a glissé dans un PPT une phrase de l'un de vos auteurs préférés.”
Père ManQ, raconte-nous une histoire.
Art, Michelin, suicide assisté, considérations sur la consommation et importance des animaux domestiques pour mieux vieillir, autant de sujets abordés dans ce Houellebecq Goncourisé (le plus mauvais donc) qui font écho à quelques sujets d’actualités et qui propose quelques considérations sur le rôle de l’art auxquelles j’adhère. Globalement, je suis assez d’accord et en paix avec l’acception suivante : “ce qui marche le mieux, ce qui pousse avec la plus grande violence les gens à se dépasser, c'est encore le pur et simple besoin d'argent”.
Peut-être vous souvenez-vous du scandale, ou la campagne RP programmée c’est selon, de plagia de Wikipédia qu’avait accompagné son lancement. Un vrai bordel à l’époque.
J’ai appris par hasard la semaine dernière que 5 des 45 finalistes du prix Pulitzer étaient “AI Powered”, pourtant le bordel me semble ici plus contrôlé.
Un dossier du MIT sur l’IA, repéré dans la newsletter Techtrash, nous apprend que :
“Qu’on se le dise tout net : personne ne comprend rien à l’IA. C’est la conclusion du suffisamment sérieux MIT, qui titre « Nobody knows how AI works » au regard des récents et spectaculaires fiascos des IA génératives (depuis les nazis noirs et asiatiques de Gemini au chat de Bing suggérant à un journaliste du New York Times de quitter sa femme). Résultat : les bugs des IA nous rendent perplexes, nous prenons ces glitchs pour une forme de « magie » et nous considérons la technologie comme « plus capable qu'elle ne l'est réellement »
Houellebecq dit quelque part que rien d’important n’a été écrit d’important dans la deuxième moitié du XXe siècle ; il n’est pas impossible, à cause de l’AI, que rien d’important ne soit plus jamais écrit.
Idées remarquables et phrases choisies pour vos PPTs.
le fils est la mort du père c'est certain mais pour le grand-père le petit-fils est une sorte de renaissance ou de revanche.
La question de la beauté est secondaire en peinture, les grands peintres du passé étaient considérés comme tels lorsqu'ils avaient développé du monde une vision à la fois cohérente et innovante …
Ils étaient encore davantage estimés en tant que peintres lorsque leur vision du monde paraissait exhaustive, semblait pouvoir s'appliquer à tous les objets et toutes les situations existants ou imaginables.
C'est curieux, on pourrait croire que le besoin de s'exprimer, de laisser une trace dans le monde, est une force puissante ; et pourtant en général ça ne suffit pas. Ce qui marche le mieux, ce qui pousse avec la plus grande violence les gens à se dépasser, c'est encore le pur et simple besoin d'argent. C'est typique. Enfin on a l'impression que c'est typique, mais on ne sait pas très bien de quoi.
On peut travailler en solitaire pendant des années, c'est même la seule manière de travailler à vrai dire ; vient toujours un moment où l'on éprouve le besoin de montrer son travail au monde, moins pour recueillir son jugement que pour se rassurer soi-même sur l'existence de ce travail, et même sur son existence propre, au sein d'une espèce sociale l'individualité n'est guère qu'une fiction brève.
Être artiste, à ses yeux, c'était avant tout être quelqu'un de soumis. Soumis à des messages mystérieux, imprévisibles, qu'on devait donc faute de mieux et en l'absence de toute croyance religieuse qualifier d'intuitions ; messages qui n'en commandaient pas moins de manière impérieuse, catégorique, sans laisser la moindre possibilité de s'y soustraire – sauf à perdre toute notion d'intégrité et tout respect de soi-même.
Le Sushi Warehouse de Roissy 2E proposait un choix exceptionnel d'eaux minérales norvégiennes. Jed se décida pour la Husqvarna, plutôt une eau du centre de la Norvège, qui pétillait avec discrétion. Kennedy souriait avec cet enthousiasme et cet optimisme crétins qu'il est si difficile aux non-Américains de contrefaire.
Alors que les espèces animales les plus insignifiantes mettent des milliers, parfois des millions d'années à disparaître, les produits manufacturés sont rayés de la surface du globe en quelques jours, il ne leur est jamais accordé de seconde chance, ils ne peuvent que subir, impuissants, le diktat irresponsable et fasciste des responsables des lignes de produit qui savent naturellement mieux que tout autre ce que veut le consommateur, qui prétendent capter une attente de nouveauté chez le consommateur, qui ne font en réalité que transformer sa vie en une quête épuisante et désespérée, une errance sans fin entre des linéaires éternellement modifiés.
Lorsqu'il s'était rendu dans la Creuse pour l'enterrement de sa grand-mère, il s'était rendu compte que la densité atmosphérique d'information diminuait nettement à mesure que l'on s'éloignait de la capitale ; et que plus généralement les choses humaines perdaient de leur importance.
”C'est sa place dans le processus de production, et pas son statut de reproducteur, qui définit avant tout l'homme occidental. »
Comme il aurait été bon de visiter ensemble cet hypermarché Casino refait à neuf, de se pousser du coude en se signalant l'un à l'autre l'apparition de segments de produits inédits, ou un nouvel étiquetage nutritionnel particulièrement exhaustif et clair !…
La voix des gens ne change jamais, pas davantage que l'expression de leur regard. Au milieu de l'effondrement physique généralisé à quoi se résume la vieillesse, la voix et le regard apportent le témoignage douloureusement irrécusable de la persistance du caractère, des aspirations, des désirs, de tout ce qui constitue une personnalité humaine. La sexualité est une chose fragile, il est difficile d'y entrer, si facile d'en sortir.
« Sur ce dont je ne peux parler, j'ai obligation de me taire. »
il était encore jeune, se dit-il, il n'avait encore vécu que la première moitié de son déclin.
