C’est quoi l’idée ?
Celui qui lit, aura vécu 5000 ans ; la lecture est une immortalité en sens inverse ; la littérature et la vie c’est pareil. Le métier de planneur stratégique en agence de publicité consiste à connaître les gens ; à vivre d’autres vies que la sienne.
Je suis payé pour vendre des idées, souvent celles des autres, la forme étant le fond qui remonte à la surface elles doivent être bien troussées et présentées non pas comme une découverte mais comme la redécouverte de celles d’illustres individus avant nous.
Rien n’est de moi dans les lignes précédentes, lire sert à ça, à copier et à coller.
Avant, il faut collecter et c’est ce que je fais, chaque lundi à 13h45 dans cette newsletter ; pour mieux les retrouver au besoin.
Père ManQ, raconte-nous une histoire.
Un ami m’a récemment avoué “si c’était moins long, je lirais peut-être tes newsletters”.
C’est un professionnel, il les ouvre quand même, pour mes statistiques.
Promis je vais faire dans le pot plus rapidement now.
Dans les Cavaliers Kessel nous présente un Afghanistan, vieux de 70 ans seulement mais complètement mythologique vu d’aujourd’hui. Il y dissèque les relations humaines ; de filiation et entre “castes” de manière très Shakespearienne et diffuse des brides de sagesse humaine millénaire de-ci de-là d’un pays qui aujourd’hui en est dépourvu.
J’ai trouvé ça un peu chiant.
Citations et idées remarquables.
Chaque instant il pouvait tirer ces images de sa mémoire. Vivre, pour lui, était maintenant se rappeler.
C'est facile à penser, répliqua le forgeron avec vivacité mais gentillesse, c'est facile quand on est, grand-père, aussi près de la mort que tu l'es.
- Moins près que toi, mon fils, dit le vieillard. Car toi, tu la redoutes.
- Comme tout le monde. . . s'écria le forgeron.
- En vérité, dit le vieillard. Et c'est dans cette grande peur - et dans elle seulement - qu'existe la mort des hommes.
En vérité, les cités splendides dont il ne reste que décombres, les champs nourriciers devenus pour toujours de stériles déserts, et les peuples égorgés jusqu'aux enfants à la mamelle font davantage pour la mémoire d'un chef que les monuments les plus nobles et les plus harmonieux. . . La gloire n'a point de gardienne plus sûre que la peur. »
Celui qui sait beaucoup d'histoires mortes aime bien, quand il le peut, en voir une à sa naissance,
le droit à l'empressement, aux marques de respect, ne signifiait puissance et majesté réelles qu'à une seule condition : pouvoir s'en passer.
- Je suis trop vieux, dit Toursène d'une voix sourde et brutale. - Tu ne l'es pas assez, dit Guardi Guedj. Tu souffres encore de le devenir.
La vieillesse véritable, dit Guardi Guedj, est au-delà de tous les tourments. Elle a oublié les maux d'orgueil, de regret, d'amertume. Elle ne jalouse pas la force de son propre sang.
Son vœu - et le seul - était de retrouver aussi vite que possible un bonheur étonnant : ne plus exister et le savoir.
Ce qui le mettait au-dessus des hommes, pensait-il, ce n'était pas le mouvement du courage, mais l'indifférence du malheur.
Au sein même de la plénitude bienheureuse où le mouvement de l'esprit se trouvait suspendu, une sorte de ver se mettait à remuer, à revivre : la pensée. Alors, le monde radieux se fermait pour l'homme et le rendait à l'angoisse et à la solitude.
Une histoire, même la plus merveilleuse, doit avancer lentement, de mot à mot. La chanson a des ailes.
pour ne pas étouffer tout seul dans sa peau, chacun doit se sentir à un autre nécessaire.
L'orgueil, dit-elle, ne remplace pas l'amitié pour soi-même. Ni la dureté le courage de vivre.
Il faut aux mots, pour qu'ils prennent leur vol, la langue qui a été leur nid. Dans une autre, ils perdent leurs ailes.
La rage donnait la chasse à la peur. Mais, de celle-ci, les ailes sont plus rapides.
II est un bon proverbe, dit Guardi Guedj : « Si la chance est avec toi, pourquoi courir ? Et si la chance n'est pas avec toi, pourquoi courir ? »
Tu n'aimes donc que toi. - Ce n'est pas vrai, répliqua Ouroz. Seulement, j'aime encore moins les autres.
Quand se jouent des actes magiques, interdite est la pensée.
« Les cygnes au ciel et les aigles dans l'air ont tâche facile. Pour eux - le vent. Pour eux - les ailes. Moi - c'est mon seul désir, mon seul vouloir. »
