Kessel

Planneur Romantique #8 (ou 6 bis)

La possibilité d'un PPT : Le matin des magiciens de Louis Pauwels et Jacques Bergier (2/2)

La possibilité d'un PPT
3 min ⋅ 22/12/2023

“Moquez-vous de la publicité si vous voulez, mais sachez qu'avant de devenir un truc que vous honnissez, un mec comme moi a glissé dans un PPT une phrase de l'un de vos auteurs préférés.”

Huitième édition avec la fin du génial “Le Matin des magiciens” ; le roman qui a inventé le “réalisme fantastique” ; non pas une réécriture de faits historiques avérés mais une explication nouvelle, plus ésotérique mais relativement plausible, des causes qui les ont provoqués.

C’est bientôt Noël et mon cadeau sera de vous faire mieux connaître l’un des auteurs : Jacques Bergier.
En plus d’être polymathe (ou “génie universel”) - doté d’une mémoire eidétique, il lisait jusqu’à 10 livres par jour - et membre de la “Mensa” (le club des 2% des gens les moins cons de la planète, qu’évidement je ne connaissais pas il y a 5 minutes), le gazier était aussi pote avec Jean Giono et Mussil, Docteur en chimie, résistant, déporté, guest dans un des Tintin et surtout animateur TV aux côtés de Fabrice dans l’émission “l’incollable”, dont il jouait évidement le rôle titre.

L’avant dernière partie du bouquin est consacrée à la montée du Nazime. Aux causes économiques il ajoute des causes ésotériques via l’appartenance, prouvée mais discutable, des plus fervents nazis à des cercles occultes (la société de Thulé) et petite pensée pour mes anciens clients théosophes qui prennent “tarif” comme ont dit.
Il est notamment expliqué qu’en opposition à la “physique juive” les nazis adhèrent à la théorie de la cosmogonie glaciaire.
(En résumé, la lutte du feu contre la glace, le feu étant évidemment du côté des nazis, c’est ce qui fera qu’ils enverront leurs soldats d’élites sur le front russe en plein hiver sans gants ni bottes adaptés, de nombreux soldats moururent l’anus gelé en voulant déféquer, ça vous ne le lirait nulle part ailleurs).

A partir de 1933, l’Allemagne sort donc d’elle même de la civilisation et développe la sienne dans son coin sur les bases d’une pseudoscience de tarés. Les sommes engagés par l’Allemagne pour prouver la véracité de leur croyance aurait été supérieures à celles engagées par les USA pour développer la bombe atomique. (Il faut ajouter à la cosmogonie glaciaire, la croyance que la terre était creuse et que l’on vivait à l’intérieur)

Je l’ai déjà dit mais je vais me répéter. Les germes de 60 dernières années de pop culture (d’Indiana Jones aux comics) sont dans ces 600 pages.

Allez, quelques citations à utiliser pour vos PPTs.


Comme l'a bien vu Musil : « Il suffirait qu'on prit vraiment au sérieux l'une quelconque des idées qui influencent notre vie, de telle sorte qu'il ne subsiste absolument rien de son contraire, pour que notre civilisation ne fût pas notre civilisation. » C'est ce qui s'est produit en Allemagne, tout au moins dans les hautes sphères dirigeantes du socialisme magique.

« L'histoire est une page blanche que les hommes sont libres de remplir à leur guise. » Et M. René Grousset fait monter vers le ciel vide ce chant presque désespéré qui est beau : «Ce que nous appelons l'histoire, je veux dire ce déroulement d'empires, de batailles, de révolutions politiques, de dates, sanglantes pour la plupart, est-ce vraiment l'histoire? Je vous avouerai que je ne le crois pas, et qu'il m'arrive, en voyant les manuels scolaires, d'en biffer par la pensée un bon quart...

«L'histoire vraie n'est pas celle du va-et-vient des frontières. C'est celle de la civilisation. Et la civilisa-tion, c'est d'une part le progrès des techniques et d'autre part le progrès de la spiritualité. On peut se demander si l'histoire politique, pour une bonne part, n'est pas une histoire parasite.”

Goethe disait : « Les événements à venir projettent leur ombre en avant », et il se pourrait que l'on trouve, à l'écart de ce qui mobilise l'attention générale, dans des œuvres et des activités humaines étrangères à ce que nous appelons « le mouvement de l'histoire », la véritable détection et l'expression de ces ressacs du futur.

si l'on secoue le panier, toutes les billes viennent à la surface en désordre, ou plutôt selon un ordre et des frottements dont le contrôle serait d'une infinie com-plication, mais où nous pourrions découvrir une infinité de ces rencontres bizarrement éclairantes que Jung appelle des coincidences significatives. L'admirable parole de Jacques Rivière s'applique aux civilisations et à leurs moments historiques : « Il arrive à un homme, non pas ce qu'il mérite, mais ce qui lui ressemble. » Un cahier d'écolier de Napoléon s'achève sur ces mots : « Sainte-Hélène, petite île. »

En 1896, un écrivain anglais, M. P. Shiel, publie une nouvelle ou l'on voit une bande de monstrueux criminels ravageant l'Europe, tuant des familles qu'ils jugent nuisibles au progrès de l'humanité et brûlant les cadavres. Il intitule sa nouvelle : Les S.S.

« Dans le domaine de la science, nous apprenons combien vaste est l'étrangeté du monde », dit Oppen-heimer. Que cet admis de l'étrangeté puisse enrichir l'histoire, c'est ce dont nous sommes persuadés.

Quand on lui parlait de la fin du monde, Chesterton répliquait: « Pourquoi m'inquiéterais-je? Elle est deR arrivée plusieurs fois. » Depuis un million d'annees que les hommes hantent cette terre, ils ont sans doue connu plus d'une apocalypse. L'intelligence S'est corinte et rallumée plusieurs fois. Un homme qu'on voit marcher de loin dans la nuit, une lanterne au poing, est alternativement ombre et feu.

Dernier cadeau, cette folle histoire de 1908 dont on n’a pas encore résolu l’énigme.

“Enfin, des rapports de l'Académie des Sciences de Moscou sur l'explosion du 30 juin 1908, en Sibérie, suggèrent l'hypothèse de la désintégration d'un navire interstellaire en détresse.”

Ce 30 juin 1908, à sept heures du matin, un pilier de feu surgit au-dessus de la taïga sibérienne, s'élevant jusqu'à 80 kilometres de hauteur. La forêt fut volatiliSée sur 40 kilomètres de rayon par suite du contact d'une boule de feu géante avec la terre.



La possibilité d'un PPT

Par Emmanuel Quéré