Kessel

Planneur Romantique #34

La possibilité d'un PPT : Alexandre Dumas. Le Comte de Monte-Cristo. il n’y a ni bonheur ni malheur en ce monde, il y a la comparaison d’un état à un autre, voilà tout

La possibilité d'un PPT
3 min ⋅ 13/05/2024

C’est quoi l’idée ?

Celui qui lit, aura vécu 5000 ans ; la lecture est une immortalité en sens inverse ; la littérature et la vie c’est pareil. Le métier de planneur stratégique en agence de publicité consiste à connaître les gens ; à vivre d’autres vies que la sienne.

Je suis payé pour vendre des idées, souvent celles des autres, la forme étant le fond qui remonte à la surface elles doivent être bien troussées et présentées non pas comme une découverte mais comme la redécouverte de celles d’illustres individus avant nous.

Rien n’est de moi dans les lignes précédentes, lire sert à ça, à copier et à coller.
Avant, il faut collecter et c’est ce que je fais, chaque lundi à 13h45 dans cette newsletter ; pour mieux les retrouver au besoin.


Père ManQ, raconte-nous une histoire.

“Merde, Omar Sy n’est pas dispo.
Tu penses quoi de Pierre Niney en Monte Cristo ?
Banco”

Comme Marie, Manu douceur est devenu Manu colère quand il a appris ça.
A défaut de de la dispo de Timothée Chalamet et de Denis Villeneuve, il aurait fallu mieux s’abstenir.
(Sleepers, Old Boy et les John Wick sont de très bonnes variations du Comte et avec des acteurs un peu moins claqués français)

J’ai lu pour la première fois le Comte de Monte Cristo à 16 ans.
Après une année de repos et de détente - version Ottessa Moshfegh - ce fut, ce que les américains appellent un “Wake Up Call” les français un “nécessaire coup de pied au cul” et mon tatoueur de l’époque “un texte un peu long pour ton dos.

Je l’ai relu cette année, 20 ans après, et ai pu mesurer à quel point, souvent inconsciemment, derrière mon comportement et mes choix de vie se cachait son ombre. Pas toujours pour le meilleur, Monte Cristo n’est pas toujours très Woke.

Lu à l’adolescence, lorsque les illusions perdues laissent un vide ; l’idée centrale du roman peut venir le combler. Ne pas faire malgré mais grâce à ; il faut avoir eu envie de mourir pour savoir à quel point il est bon de vivre.
(Réduit à ça je me rends compte qu’il est possible de confondre l’Alchimiste de Paulo Coelho avec Monte Cristo et que le choix de Niney n’est, dans cette configuration, pas si déconnant.)

Je n’ai pas la réponse à la question “pourquoi n’importe quoi peut arriver à n’importe qui? “ posée par l’émission Signes de Temps consacré au mal métaphysique mais comme les invités je crois que le meilleur baume est ce roman. Mieux c’est une préparation à l’injustice, qui va fatalement vous arriver un jour, une manière de l’attendre sereinement et de la surmonter. Et avec classe ; en ce domaine le Conte est un Prince.

Il y a plein de trucs à prendre évidement, presque tout, mais je voulais partager une idée, que j’avais oublié, de l’Abbé Faria qui nous dit qu’il y a seulement 150 oeuvres dont un homme à besoin dans la vie et pas plus.

N’y figurent ni “Lol qui rit, sort” ni “Fiasco”.



Idées remarquables et phrases choisies

Robespierre, place Louis XV, sur son échafaud ; Napoléon, place Vendôme, sur sa colonne ; seulement l’un a fait de l’égalité qui abaisse, et l’autre de l’égalité qui élève ; l’un a ramené les rois au niveau de la guillotine, l’autre a élevé le peuple au niveau du trône.

le dévouement ; c’est ainsi qu’on appelle en termes honnêtes, l’ambition qui espère.

Pour l’homme heureux, la prière demeure un assemblage monotone et vide de sens, jusqu’au jour où la douleur vient expliquer à l’infortuné ce langage sublime à l’aide duquel il parle à Dieu.

j’ai découvert qu’avec cent cinquante ouvrages bien choisis on a, sinon le résumé complet des connaissances humaines, du moins tout ce qu’il est utile à un homme de savoir.

Dieu a donné à l’homme l’intelligence pour venir en aide à la pauvreté de ses sens.

Du jeune homme heureux, à qui les premiers pas dans la vie ont été faciles, et qui compte sur l’avenir comme sur la déduction naturelle du passé.

En murmurant ce dernier mot de la sagesse humaine : Peut-être !...

Elle ne mettait tant de choses dans sa tête que pour combattre ce qu’elle avait dans le cœur.

Lorsqu’on fait voir à un ami une ville qu’on a déjà vue, on y met la même coquetterie qu’à montrer une femme dont on a été l’amant.
Retenez bien à l’avenir cette maxime de Napoléon le Grand : « Ne m’éveillez que pour les mauvaises nouvelles. »
Peut-être ce que je vais vous dire vous paraîtra-t-il étrange, à vous, messieurs les socialistes, les progressifs, les humanitaires ; mais je ne m’occupe jamais de mon prochain, mais je n’essaye jamais de protéger la société qui ne me protège pas, et, je dirai même plus, qui généralement ne s’occupe de moi que pour me nuire ; et, en les supprimant dans mon estime et en gardant la neutralité vis-à-vis d’eux, c’est encore la société et mon prochain qui me doivent du retour.

Le trop grand soin que nous prenons de notre corps est à peu près le seul obstacle à la réussite de ceux de nos projets qui ont besoin d’une décision rapide et d’une exécution vigoureuse et déterminée.

j’aime les fantômes ; je n’ai jamais entendu dire que les morts eussent fait en six mille ans autant de mal que les vivants en font en un jour.
Fais semblant de t’estimer, et on t’estimera.

J’ai dans le cœur trois sentiments avec lesquels on ne s’ennuie jamais : de la tristesse, de l’amour et de la reconnaissance.
Mithridates, rex Ponticus, dit l’étourdi en découpant des silhouettes dans un magnifique album, le même qui déjeunait tous les matins avec une tasse de poison à la crème.
Comme dit Clodius à Hamlet, c’est une loi de la nature : leurs pères étaient morts avant eux, et ils les avaient pleurés ; ils mourront avant leurs fils, et leurs fils les pleureront.

Dans les luttes qu’il entreprenait parfois contre la nature, qui est Dieu, et contre le monde qui peut bien passer pour le diable.

Les hommes vraiment généreux sont toujours prêts à devenir compatissants, lorsque le malheur de leur ennemi dépasse les limites de leur haine.
Malheureusement dans ce monde chacun a son point de vue à soi qui l’empêche de voir le point de vue des autres.

Besoin et nécessité sont deux synonymes entre lesquels il y a tout un monde d’intervalle.

je suis descendu d’une planète qu’on appelle la douleur.

« Quant à vous, Morrel, voici tout le secret de ma conduite envers vous : . Celui-là seul qui a éprouvé l’extrême infortune est apte à ressentir l’extrême félicité. Il faut avoir voulu mourir, Maximilien, pour savoir combien il est bon de vivre. « Vivez donc et soyez heureux, enfants chéris de mon cœur, et n’oubliez jamais que, jusqu’au jour où Dieu daignera dévoiler l’avenir à l’homme, toute la sagesse humaine sera dans ces deux mots : « Attendre et espérer !
« Votre ami.
« Edmond Dantes
« Comte de Monte-Cristo. »

La possibilité d'un PPT

Par Emmanuel Quéré