La possibilité d’un PPT is a place to record the stuff I think that doesn't have an immediate client Powerpoint.
Père ManQ, raconte-nous une histoire.
La dernière newsletter se terminait par un mystérieux « Je vais tous les lire ». Je pourrais tenter de faire passer ça pour un cliffhanger, mais j’ai deux défauts (principaux) : je ne mens pas et je ne me relis jamais.
Il fallait deviner : je vais lire toute la série des Frank Bascombe de Richard Ford. Une série qui commence par Un week-end dans le Michigan — The Sportswriter en VO — dont il est question aujourd’hui, et qui compte cinq tomes, couvrant chacun une décennie. On y suit un Américain « normal » à travers les différentes phases « normales » de sa vie : changement de travail, perte d’un enfant, divorce, cancer, re-divorce, prendre une balle perdue (de baseball ou de AK 47) etc.
Un regard froid et lucide sur les épreuves de la vie. Sont dites les choses que l’on pense mais que l’on ose pas dire. Un anti-manuel de développement personnel. Une sorte d’American Wisdom plus Jim Harrison que Dalaï Lama.
Chaque roman se déroule le temps d’un week-end (Pâques, le 4 Juillet, Thanksgiving, etc.). Ça ressemble à de l'autofiction avant l’heure, quelque part entre Emmanuel Carrère et Karl Ove Knausgård. Ça se sirote sans fin. Parfait pour l’été.
Il ne m’en reste plus que deux, et ça me chagrine un peu.
Considérations et phrases remarquables.
Si le journalisme sportif vous apprend une chose – il enseigne beaucoup de vérités et démasque bon nombre de mensonges –, c’est que pour que la vie ait une valeur il faut tôt ou tard s’exposer à un regret terrible, déchirant. Mais il faut aussi s’arranger pour l’éviter, sinon votre vie en sera irrémédiablement brisée.
L’humanité ne perd rien lorsqu’un écrivain décide de se taire. Quand un arbre tombe dans la forêt, qui s’en préoccupe sinon les singes ?
Son mélange d’industries prospères et de banlieues chic en fait la quintessence de l’esprit « urbano-campagnard ». Ici, l’illusion ne sera jamais votre adversaire.
— Lesquels de tes rêves se sont déjà réalisés ?
Je crois qu’on a envie de manger lorsque quelqu’un meurt.
Presque tous les sportifs sont heureux de laisser leurs actes parler à leur place, heureux d’être ce qu’ils font.
En fait, les sportifs au sommet de leur forme transforment l’évidence en mystère, tout simplement en s’absorbant complètement dans ce qu’ils font. Des années d’entraînement à la compétition vous apprennent cela ; la nécessité de renoncer au doute, à l’ambiguïté, à l’introspection en faveur d’une unidimensionnalité agréable et combative, dont on est aussitôt récompensé par ses résultats sportifs.
Le sportif sait ce qui le rend heureux, ce qui le met en rogne, et quoi faire dans les deux cas. Ainsi, c’est un adulte authentique.
En fait, les rêveurs ont peu à offrir aux autres ; leurs rêves ont tendance à se neutraliser mutuellement en une espèce d’effluve sinistre. Contrairement au bonheur, la souffrance ne cherche pas de compagnie.
J’aime observer les choses sans y être impliqué.
Le sport met en valeur les traits positifs des gens ; parler de sport nous amène à dévoiler le bon côté de notre personnalité.
Sa philosophie est la suivante : Il n’y a rien de tel qu’une bonne journée. Nous en vivons assez peu au cours d’une existence. Profitez-en.
Ce que moi je défends, c’est l’oubli. Oublier les rêves, les griefs, les vieux défauts de caractère – les miens comme ceux des autres. Pour moi, la vie est sans espoir si nous ne parvenons pas à oublier ce qui a été dit et fait, à oublier et à pardonner.
Sans être très âgé, je suis trop vieux pour tout ça. Le lendemain – tous mes lendemains – m’importe trop.
C’est la meilleure chose qu’il ait jamais faite. Et ça s’est passé après sa mort. Pour vous dire…
Certains jours, la vie paraît tout sauf formidable, mais elle vaut mieux que rien, et l’on se découvre modérément heureux de vivre.
L’un de mes problèmes, c’est que je ne sais absolument pas résoudre mes problèmes. Je m’en remets aux autres pour cela,
Même fausse, une réponse plausible est une source de plaisir, car elle me donne l’impression de faire partie de la masse des gens plutôt que d’être une espèce d’ordinateur humain crachant ses statistiques et réduisant le sport à une comptabilité assommante.
Prendre plaisir au réconfort d’autrui, même au plus modeste, est toujours possible. Mieux : cela devient parfois une véritable nécessité, quand la malchance s’acharne sur vous.
Rien à voir avec New York, où l’on a l’impression de vivre chaque seconde de son existence, mais aussi de passer à côté de la vie.
je ne vois pas comment je pourrais vivre ce que des centaines de millions d’hommes n’auraient pas vécu.
